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L'ETIQUETTE DE VIN DECLINEE A MAURIAC
Au fil du temps et des modes, l'étiquette est devenue l'ambassadrice des vins et des alcools.
Son histoire nous est contée au château Mauriac à Langon, où un musée a été créé avec le
fond d'un imprimeur bordelais.
Belle et hétéroclite, elle est dans tous ses états pour être l'image de marque de la bouteille de
vin... voilà bien pourquoi Eliane Noiasque a décidé de la mettre à l'honneur en lui consacrant
un petit musée, avec les quelques spécimens conservés au fond de vagues cartons, minces
témoignages du métier d'imprimeur de la famille de son mari Christian, établie à Bordeaux.
Près de 2000 étiquettes, ainsi retrouvées qu'elle expose depuis trois ans au château Mauriac à
Langon.
En 1865, le grand-père de François Mauriac avait fait édifier cette belle demeure qu'habite
aujourd'hui d'Eliane et Christian Noiasque. Elle y a installé son petit musée fort passionnant,
de l'image de marque du vin ou mieux de l'alcool, spécificité de l'imprimerie familiale depuis
1872. Et là, dans les anciennes cuisines, les étiquettes : « La crème de pucelle », « La crème
de cocu », « Le vin de la solitude », « Coquette flatteuse », « Quoi que ce soit » ou « Ce que
vous voudrez », ou celle représentant l'Europe et un grand singe juché sur un globe terrestre,
montrant du doigt la ville de Bordeaux sont de véritables petits chefs d'œuvre, de ces liqueurs
ou crèmes, qui fleurent bon la province. Ou d'autres encore tout aussi fascinantes, où sont
dessinés des portraits d'Africains, des monuments, des bâtiments historiques, des fleurs, des
animaux, des portraits de femme en tenues légères,... qui décorent les bouteilles de sirops de
goudron, de spiritueux, de rhums... Certaines sont classées par décennies, par année, par
forme, d'autres évoquent les arts en tout genre, la politique ou bien, plus originales et plus
anciennes encore (avant 1872) montrent un rébus. D'inspiration diverses, quelques séries
limitées extrêmement raffinées ont été exécutées, dès 187o, avec un soin immense au pinceau
à trois poils trempé dans de la gouache ou à la plume avec de l'encre de Chine en utilisant une
loupe. Par ailleurs, vous apprendrez que « Sylleri » était l'appellation usitée avant celle de
« Champagne » probablement introduite vers 1846; et aussi l'explication du nom Beychevelle,
(baisse voile) propriété bordelaise célèbre ; lorsque les bateaux passaient devant, ils baissaient
la voile pour saluer, et devaient acquitter un droit de passage. Vous découvrirez 1' étiquette du
baron Rothschild sur laquelle était dessiné le fameux mouton du peintre Carlu de 1924. De
plus, c'est Monsieur le baron qui a été le premier à mettre son vin en bouteilles pour le vendre
au lieu de l'expédier en barrique. Il a aussi été le premier à avoir mis sur ses étiquettes : «Mis
en bouteilles au château». Il faudra attendre 1950 pour voir apparaître les motifs géométriques
et la collerette avec le millésime. Quant à l'inscription de la contenance et du degré, elle
n'apparaîtra que beaucoup plus tard. Mais bien sûr, l'étiquette n'est pas l'exclusivité des
bouteilles de vin, elles décorent depuis longtemps les bouteilles d'huile ou de vinaigre comme
le fameux «Tête noire», vinaigre qui portait une étiquette où était dessiné le visage d'un
noir...
On découvrira aussi dans des vitrines quelques objets étonnants comme une série d'emporte-
pièces de 1872 qui définissaient la forme des étiquettes, une photo de bouteille gravée à
l'attention de Thomas Jefferson du château Yquem de 1787, et des pierres lithographiques
gravées à la main ayant servi à l'impression de certaines étiquettes. Et puis, d'un coup d'œil
circulaire, vous apercevrez un portrait d'Aloys Senefelder. Pourquoi ce compositeur
dramatique bavarois de la fin du XVIIIe siècle est-il présent en ce lieu? Eh bien, c'est lui qui
a découvert l'impression lithographique sur pierre calcaire, fort utiles pour reproduire ses
partitions musicales. Dès lors, chez les imprimeurs, point de machine, hormis la presse
manuelle, on ne trouvait que des pierres en nombre incalculable. Surtout que pour obtenir un
document en polychrome, plusieurs pierres étaient utilisées. Sur la pierre donc, on dessinait
  un motif pour l'étiquette ou bien on calligraphiait principalement avec la lettre anglaise.
Avant l'apparition de la pierre, la gravure se faisait sur cuivre dont on verra quelques plaques.
Ainsi, dans cet antre, vous admirerez ces quelque 2000 étiquettes toutes plus belles les unes
que les autres, dont les thèmes, extrêmement variés, suivaient les grands courants de la mode.
Elles représentent à elles seules, une aventure intarissable que la dame du lieu vous contera
avec force précision et une grande passion. Plus didactique, un diaporama complétera la
captivante histoire de ces petits carrés de papier qui ont largement contribué à la notoriété des
bouteilles qu'ils vantaient. En quelque sorte, ces affiches miniatures vous raconteront une
histoire de France en parallèle, que vous pourrez goûter sans modération au cœur d'un de ses
plus beaux terroirs.

Prendre l'autoroute A62, Bordeaux-Toulouse, et la sortie n°3 Langon en prenant direction La
Réole, puis au rond-point d'Aquitaine, prendre la RN 113 vers Bordeaux . Juste à la sortie de
ce rond-point, passer sous le pont de chemin de fer et prendre immédiatement à gauche le
chemin de Canteau ; en haut du raidillon à droite se trouve en retrait le grand portail en fer
avec sonnette
Chercher donc cette magnifique demeure juste en face de la gare SNCF. Prévoyez au moins
une visite de deux heures qui vous semblera peut-être bien un peu courte

 

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